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PRÉSENTATION DU TAI-CHI (TAI JI QUAN) 

Une branche de la médecine chinoise

L’expression Tai Ji Quan se compose de trois idéogrammes, dont les deux premiers signifient littéralement « faite suprême » et incluent à la fois des notions d’équilibre dynamique et le but à atteindre. Le troisième caractère, Quan, signifie « poing » ou « combat à mains nues » et comprend la dimension des arts martiaux. Les trois caractères peuvent donc se traduire par « combat suprême » avec un adversaire ou avec soi-même.

Dérivé des arts martiaux traditionnels, le tai-chi est une discipline corporelle d’origine chinoise comportant un ensemble de mouvements continus et circulaires exécutés avec lenteur et précision dans l’ordre pré-établi.

Pour bien comprendre ce qu’est le tai-chi, il faut savoir qu’il constitue, avec le Qi-Qong, l’une des cinq branches de la médecine traditionnelle chinoise (celle des exercices énergétiques), les quatre autres étant l’acupuncture, la diététique, la pharmacopée (herbes médicinales) et le massage Tui Na.

Notons que le Qi Qong se distingue du tai-chi par des mouvements plus courts et isolés qui peuvent parfois être exécutés en position couchée, tandis que la tai-chi est essentiellement pratiqué en positon verticale. 

Une technique de combat secrète

Au cours des siècles, la société chinoise, régulièrement menacée par des guerres frontalières et intérieures, a développé une solide tradition martiale. Le tai-chi était au départ une technique de combat permettant d’atteindre des points vitaux mortels, transmise oralement de maître à élève, dans le plus grand secret au sein de famille de paysans.

Un moine chinois dénommé Zhang Safeng, ayant vécu au XVIe siècle, se serait inspiré d’un combat entre un oiseau et un serpent pour concevoir les enchaînements de 13 postures de base du tai-chi. Le serpent aurait triomphé grâce à sa lenteur, à sa souplesse et à ses mouvements arrondis qui donnèrent peu d’emprise à son adversaire. 

De la technique de combat à la gymnastique

Au fil des années, la technique du tai-chi s’est beaucoup adoucie. En 1976, lors de la réouverture des universités en Chine, le tai-chi est devenu une discipline accessible à la masse et enseignée dans les programmes d’éducation physique et universitaires.

De nos jours, des millions de Chinois pratiquent quotidiennement le tai-chi, en particulier les aînés, mais plusieurs s’y adonnent pour des raisons de développement intérieur, qui vont au-delà du simple entraînement physique.

Le tai-chi est aujourd’hui considéré comme une « gymnastique énergétique globale » en mettant l’accent sur l’extrême précision du geste, la maîtrise de la respiration et la méditation. Il vise à harmoniser le Qi (énergie corporelle) et à améliorer la souplesse, tout en renforçant le système musculo-squelettique.

Apprendre à ralentir pour progresser

Le tai-chi ne s’apprend pas en « deux temps trois mouvements »… il nécessite persévérance, rigueur et assiduité si l’on veut bénéficier des effets positifs. La difficulté initiale pour débutants est d’apprendre à ralentir. En effet, c’est l’extrême lenteur d’exécution qui permet de déceler les blocages et de sentir le courant énergétique. De plus, la prise de conscience du transfert, lent et précis du poids du corps d’une jambe à l’autre et le jeu d’alternance des bras et des jambes concrétisent parfaitement la pensée chinoise basée sur l’équilibre dynamique des forces du Yin et du Yang.

Durant les enchaînements, ce sont les mains qui guident les déplacements, qui captent l’énergie et la transmettent d’une main à l’autre afin que le corps trouve son appui dans le Tan Tien, le centre de gravité situé sous le nombril. Toute l’essence du tai-chi réside dans la recherche du centre de gravité, de l’équilibre des deux pôles de l’énergie, le Yin, issu de la terre, et le Yang, issu du ciel.

Par son côté méditatif, le tai-chi apaise le mental, améliore la concentration, la vivacité d’esprit et la mémoire. Il favorise une meilleure prise de conscience de soi et de son environnement. Pour sa part, le Qi Qong est intégré au programme de médecine. Au fils des années, ces deux disciplines ont cependant conservé, aux yeux des Chinois, une visée thérapeutique.

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